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Les sciences ne sont pas réservées aux garçons …

« Les sciences ne sont pas réservées qu’aux garçons » : les collégiennes à la rencontre de femmes ingénieures et techniciennes à Grasse

Au collège Canteperdrix, 87 collégiennes ont rencontré, ce mercredi 14 janvier, six femmes ingénieures et techniciennes. Une matinée, qui leur a permis de découvrir des métiers scientifiques et de briser les idées reçues.

Elles ont 14 ou 15 ans, des carnets griffonnés et des idées encore floues sur l’avenir. Pourtant, hier au collège Canteperdrix de Grasse, une certitude a circulé de table en table : les sciences ne sont pas réservées qu’aux garçons. Face aux collégiennes de troisième, six femmes venues de l’industrie, du numérique ou de la technique ont raconté leur quotidien, leurs choix et leurs détours aussi.

Des parcours bien réels, loin des clichés, qui viennent bousculer des représentations encore tenaces. Car malgré de bons résultats scolaires, les filles restent moins nombreuses à se projeter vers les filières scientifiques. Un constat partagé par l’équipe éducative, chiffres à l’appui. « On a mené un sondage auprès de tous les élèves de troisième, filles et garçons. Les écarts sont frappants », explique Céline Derobertmasure, principale adjointe.

Des garçons aux ambitions déjà très marquées, des filles souvent plus réservées, avec des projets plus restreints. « Ce n’est pas un manque d’envie ou de capacités, mais un manque de projection. »

Les parcours ne sont jamais tracés d’avance

L’initiative s’inscrit dans le cadre du parcours Avenir, mais elle répond surtout à une volonté : intervenir tôt. « Il ne faut pas attendre le lycée. En troisième, l’orientation commence déjà à peser », insiste Céline Derobertmasure. Les 87 collégiennes ont été réparties en groupes de quinze, chacune accompagnée par une intervenante avec, pour objectif, des échanges directs, des questions concrètes et des discussions sans filtre.

Au fil des rencontres, les parcours racontés déjouent les trajectoires toutes tracées que s’imaginent certaines élèves. Réorientations, formations courtes, reprises d’études : les ingénieures évoquent des chemins parfois sinueux. « L’une d’elles a commencé par un BEP, avant de devenir ingénieure. C’est essentiel de leur montrer qu’il existe des passerelles, que rien n’est figé à 14 ans », souligne la principale adjointe.

Un message qui trouve un écho immédiat dans les groupes. « Moi, je suis un peu dans le flou pour l’instant, confie une collégienne. Je n’ai pas de projet précis, mais au moins, on voit qu’il y a plein de possibilités. »

Des rencontres inspirantes pour la suite

Frédérique Mouricaud, technicienne qualité à Grasse, assume pleinement ce rôle de modèle. Échec en seconde, cycle court, puis une carrière construite, pas à pas, dans l’industrie. « Il faut faire sa place. Et on l’a, notre place, dans ce monde technique. » Un discours, qui fait écho aux interrogations des élèves. Certaines se découvrent un intérêt nouveau. « Je préfère les maths à la littérature. Je serais plus partie là-dedans », explique l’une d’elles, sans encore savoir vers quel métier se diriger. Une autre se projette davantage : « Les métiers sont hyper polyvalents. On ne fait jamais la même chose. Moi, clairement, c’est vers ça que je vais m’orienter. »

À l’origine du projet, Claire Franquart, directrice de la Segpa et référente du parcours Avenir. « 68 % des filles ne savaient pas ce qu’était une industrie. Beaucoup pensent connaître le métier d’ingénieur, mais sans pouvoir l’expliquer. La rencontre permet de mettre des mots, des visages, des exemples concrets. » Dans les rangs, certaines étaient venues sans idée précise. D’autres avec un projet bien arrêté. Toutes repartent avec de nouvelles perspectives. « Ça prouve que les femmes aussi peuvent le faire », glisse l’une d’elles. À 14 ans, parfois, il suffit de voir que c’est possible pour oser y croire.

Article Nice-Matin du 15 janvier 2026
Journaliste Baptiste Poirier (article et photo)

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